Faut-il armer la police municipale de Vern-sur-Seiche ? Le maire veut un débat avant de trancher
Vern-sur-Seiche va-t-elle suivre Chantepie ? Le maire de la commune, Stéphane Labbé, a confirmé réfléchir à l’armement de sa police municipale. Interrogé d’abord par Ouest-France, l’élu divers droite a assumé la position devant Le Télégramme : « Je pense qu’il est tout à fait normal d’armer la police municipale car elle est aujourd’hui en insécurité complète. »
Il ne veut pourtant pas passer en force. « Je souhaite organiser une concertation avec le conseil municipal, en incluant la majorité et l’opposition. Le pouvoir de police m’appartient, mais je souhaite un consensus sur cette question. Pas imposer cette mesure de manière frontale. » Une réunion avec l’ensemble des élus et les policiers municipaux est prévue courant septembre.
Ce qui a changé depuis 2020
À son arrivée en 2020, l’élu n’était pas favorable à l’armement de ses agents. Il dit avoir changé d’avis avec la montée de la violence à Rennes, qui déborde selon lui sur les communes de première couronne. « On constate une hausse des violences physiques et verbales, mais aussi des vols. On a enregistré par exemple 35 cambriolages d’habitations rien que sur le mois d’août. »
Sur le fond, il défend un outil de dissuasion plus que de riposte : « Aujourd’hui, on envoie des agents s’interposer les mains vides en comptant uniquement sur la persuasion verbale. Or, l’arme est avant tout un outil de prévention et de persuasion, il ne s’agit pas de jouer les cow-boys. »
L’opposition divisée sur la méthode
Au conseil municipal, l’idée ne passe pas chez « Vern demain ». « On n’est pas du tout ouverts à cette éventualité, explique Sonia Arena. Pour nous, armer la police municipale ne permet pas de régler les difficultés que nous avons sur la commune, comme les violences intrafamiliales, l’usage de stupéfiants ou la délinquance routière. » Le groupe voterait contre et préfère le renfort humain évoqué par la majorité, médiateur de rue compris.
Thierry Martineau, du groupe « Bien vivre à Vern », ne pose pas d’opposition de principe mais reste réservé. « Je n’y suis pas favorable à titre personnel car nous sommes une commune de 8 000 habitants. L’armement de la police municipale n’était d’ailleurs pas dans le programme du maire. » Il réclame surtout un débat public et un référendum local, là où le maire envisage pour l’instant un échange avec les oppositions municipales.
Dans la métropole, les précédents ne manquent pas : Cesson-Sévigné équipe ses agents depuis 1978 et Saint-Grégoire depuis 2017. À Chantepie, l’armement a été entériné le 29 juin par une modification du budget principal.