Patrimoine de Vern-sur-Seiche : église Saint-Martin, pont de Vaugon et vallée
Vern-sur-Seiche n’a ni château fort ni abbaye millénaire à faire visiter. Son patrimoine est plus discret, mais il raconte une vraie histoire : celle d’un bourg de Haute-Bretagne traversé par une rivière, et d’une terre occupée bien avant que le nom de Vern n’apparaisse dans les textes, en 1158.
Avant le village : des enclos gaulois
Une fouille préventive menée par l’Inrap a mis au jour sur le territoire de la commune les vestiges de deux enclos gaulois accolés, dont le plus grand porte des traces d’activités artisanales et agricoles. Les archéologues y voient un habitat aristocratique, occupé jusque pendant notre ère, puis investi plus modestement au Moyen Âge. Preuve que le site était habité et organisé bien avant la première mention écrite de la paroisse.
L’église Saint-Martin
L’église actuelle, placée sous le vocable de saint Martin de Tours, occupe l’emplacement d’un édifice antérieur que la tradition faisait remonter au VIIIe siècle, sans qu’il en reste aucune trace. Le bâtiment que l’on voit aujourd’hui a été reconstruit au XVIIe siècle, une sablière de la nef portant la date de 1646. Le chœur et le transept ont été repris en 1834 sur les plans de l’architecte Jean-Baptiste Leroux, puis le mur nord de la nef et la tour entre 1850 et 1857. Le clocher, lui, a dû être restauré après l’incendie de 1911. Quatre siècles de chantiers, donc, qui se lisent dans les murs en pierre et en brique.
Le pont de Vaugon, frontière de pierre
À la sortie sud de la commune, le pont de Vaugon enjambe la Seiche et marque la limite avec Saint-Armel. Il a été construit en 1757 sur ordre du duc d’Aiguillon, gouverneur de Bretagne, comme l’indique la borne toujours dressée sur la chaussée. Il remplace un ancien pont à octroi attesté dès le XIVe siècle, qui appartenait alors aux seigneurs de Chateauloger, en Saint-Erblon. On franchit donc, en quelques mètres, plusieurs siècles d’histoire locale et deux communes.
Le domaine du Plessis et La Chalotais
Au nord du bourg, le domaine du Plessis jouxte le bois de Sœuvres. Il fut l’une des demeures de Louis René de Caradeuc de La Chalotais, procureur général au Parlement de Bretagne, qui s’y maria le 28 janvier 1726. Le manoir, qui comprend un pavillon central flanqué de deux corps de bâtiment, a subi un incendie au XXe siècle avant d’accueillir une cidrerie-distillerie. Propriété privée, il ouvre ses abords au public à l’occasion des Journées du patrimoine.
Le lavoir et les vieilles maisons
Au bourg, un lavoir s’élève à l’emplacement d’une source, sur le site d’un manoir détruit, le Grand Boyle, présent sur le cadastre de 1819. L’édifice actuel date de 1946 et remplace celui construit en 1855. Autour, les rues principales conservent un habitat ancien assez homogène de la fin du XVIIIe siècle ; la maison dite « du Pavillon » passerait, elle, pour la plus ancienne du bourg, avec des origines au XVIIe siècle.
Le bois de Sœuvres, patrimoine naturel
Terminons par le plus vaste des monuments de la commune, même s’il n’est pas bâti. Le bois de Sœuvres s’étend sur environ 180 hectares à deux kilomètres au nord du bourg. Espace naturel sensible propriété du département d’Ille-et-Vilaine, acquis pour l’essentiel à partir de 1987 et géré avec l’Office national des forêts, il est ouvert au public. Chaque hiver, des bénévoles y organisent une opération de sauvegarde des batraciens, tritons, salamandres et grenouilles, lors de leur migration. Le détail des promenades possibles est dans notre article balades.
Le conseil du guide : le pont de Vaugon se visite avec la balade des berges de la Seiche, et le Plessis se combine avec le bois de Sœuvres. Le patrimoine de Vern se découvre en marchant, jamais au pas de course.
Pour aller plus loin : découvrir la commune, nos balades dans la vallée de la Seiche et le bois de Sœuvres, et la vie quotidienne à Vern-sur-Seiche.
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