Histoire de Vern-sur-Seiche : la paroisse de Saint-Melaine devenue ville de la métropole
Vern-sur-Seiche résume à elle seule l’histoire des communes des portes de Rennes : un long passé rural sous la coupe des moines, puis, à partir des années 1970, une croissance qui a porté le village de 1 500 à plus de 8 000 habitants en deux générations. Entre les deux, une rivière, une abbaye, des manoirs et quelques coups de main de chouans.
Un nom d’aulne posé au bord de la Seiche
Le nom vient du gaulois verno, l’aulne, l’arbre des berges humides qui pousse encore au bord de la rivière. Les textes anciens en déclinent l’orthographe au fil des siècles : ecclesia de Ver en 1158, Vern en 1185, Veern en 1230, Verno en 1318, Vernes en 1731. Le nom définitif, Vern-sur-Seiche, date d’un décret du 20 avril 1920.
La Seiche borde le territoire au sud et y a toujours fait office de frontière avec Saint-Armel, comme en témoigne le pont de Vaugon de 1757, détaillé dans notre article patrimoine.
Une paroisse sous la tutelle de l’abbaye Saint-Melaine
Avant 1152, la paroisse de Vern est rattachée à la puissante abbaye Saint-Melaine de Rennes. Les moines en détiennent l’église, l’ecclesiam de Verno, dont la possession leur est confirmée tour à tour par Josse, archevêque de Tours, en 1158, puis par le pape Lucius III en 1185. En 1230, l’évêque de Rennes Josselin de Montauban leur cède tous les biens de l’église, affectés à l’infirmerie du monastère.
Un petit prieuré subsiste au bourg jusqu’en 1411, année où le pape Jean XXIII en éteint le titre et en unit les revenus à l’infirmerie du monastère. Les moines gardent la main longtemps : en 1628, l’infirmier de Saint-Melaine afferme encore le fief de l’Abbaye au recteur de Vern, au cœur du bourg, pour 21 livres par an.
Des manoirs, des vignes et une joute seigneuriale
Vern n’a jamais eu de château fort. C’est un pays de petites seigneuries, de fiefs et de manoirs dispersés dans les champs, dont plusieurs édifices subsistent : le Plessis, le Clos d’Orrière, Gaudon, détaillés dans notre article patrimoine.
La paroisse avait aussi ses originalités. En 1780, le philosophe et grammairien Jean-Baptiste Robinet s’installe au manoir de La Galardière. Au XIVe siècle, on y cultive même la vigne : en 1318, quand l’évêque de Rennes réorganise la cure, la dîme des vignes figure en bonne place parmi les revenus du curé. Et en 1694, les seigneurs de Châteauloger, installés à Saint-Erblon, font encore exercer au bourg leur droit de quintaine, une joute à la lance héritée du Moyen Âge.
1794, l’année des coups de main
La Révolution passe mal dans ce coin de Haute-Bretagne. Le recteur de la paroisse, Toussaint Hillion, est incarcéré à Rennes en 1792 puis exilé à Jersey en 1793. Le 30 avril 1794, des affrontements opposent Bleus et Chouans sur la commune. Un mois plus tard, le 26 mai, une colonne de 700 royalistes menée par Forestier arrive au château du Plessis pour tenter un coup de main sur Rennes.
L’école, la gare, puis l’explosion
Le XIXe siècle modernise le bourg : première école laïque en 1874, gare inaugurée en 1881 sur la ligne qui relie aujourd’hui Rennes à Châteaubriant. La population, elle, ne suit pas : autour de 1 500 à 1 700 habitants pendant tout le XIXe siècle, elle tombe à 1 157 en 1931, quand l’exode rural vide les campagnes.
Puis vient le renversement. Rennes déborde et Vern change d’échelle : 1 466 habitants en 1962, 2 638 en 1975, 5 602 en 1990, 7 454 en 1999, 8 207 en 2023. La vallée de la Seiche devient un espace de loisirs, le bois de Sœuvres s’ouvre au public et Vern s’inscrit dans les 43 communes de Rennes Métropole. Le détail de ce qu’on y fait aujourd’hui est dans notre guide de la découverte.
Le conseil du guide : pour lire cette histoire sur le terrain, commencez par le bourg et son église, puis descendez vers la Seiche par le pont de Vaugon. Les pierres y racontent plus vite que les livres.
Pour aller plus loin : le patrimoine de Vern-sur-Seiche, nos balades dans la vallée et le bois de Sœuvres et la vie quotidienne dans la commune.
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