Climat : le conseil municipal de Vern-sur-Seiche interpelle l'État sur le financement de l'adaptation

Vue aérienne de Vern-sur-Seiche, au sud de Rennes
Photo : Pymouss, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Réunis lundi 21 septembre, les élus de Vern-sur-Seiche ont voté un vœu sur le financement de l’adaptation des territoires au changement climatique. Autrement dit : la commune demande à l’État de donner aux collectivités les moyens de payer ce qu’on leur demande d’anticiper. « Nous avons fait le choix de proposer un travail collectif sur ce sujet », expliquent les élus, cités par Ouest-France.

Un vœu n’engage rien juridiquement. C’est une position adoptée en séance, transmise aux services de l’État et le plus souvent au préfet. Il faut y voir un signal politique, pas une décision. Celui-ci tombe dans un département qui affronte déjà la version concrète du dossier.

Le département est en crise sécheresse

Depuis le 15 août 2026, l’Ille-et-Vilaine est placée en crise, le niveau le plus élevé du dispositif, par arrêté préfectoral du 14 août. Le secteur « Vilaine rive gauche », celui de la Seiche, est concerné comme les six autres secteurs du département. Arrosage des espaces verts, des potagers et des terrains de sport, remplissage des piscines, nettoyage des voiries, des façades et des véhicules : les usages de l’eau sont encadrés, et les mesures courent au plus tard jusqu’au 31 octobre. Un contrevenant s’expose à l’amende prévue pour les contraventions de 5e classe.

Le détail des restrictions, usage par usage, est publié dans le communiqué de la préfecture d’Ille-et-Vilaine.

L’adaptation commence dans les tuyaux

Sur le terrain, une partie de l’adaptation ne dépend pas de l’État mais du réseau enterré. Rennes Métropole a lancé à Vern-sur-Seiche un diagnostic des branchements d’assainissement du 28 septembre au 16 octobre. Un bureau d’études y injecte du colorant dans les évacuations et les gouttières pour repérer les raccordements inversés, ces eaux de pluie qui finissent dans le réseau d’eaux usées et saturent les stations à chaque averse.

Le même raisonnement vaut pour l’ombrage des cours d’école, la désimperméabilisation des parkings ou la gestion des eaux pluviales. Ce sont des postes qui pèsent directement sur le budget communal, et donc sur l’arbitrage que les élus voudraient pouvoir financer autrement qu’avec la fiscalité locale. C’est là que le vœu rejoint une discussion plus large, celle du partage de l’effort entre l’État et les communes.

Vern-sur-Seiche n’est pas la première à porter ce texte, et la question reviendra à chaque budget, à mesure que les épisodes de sécheresse et d’inondation se rapprochent. Pour l’instant, la commune a voté une position. Le financement, lui, n’est toujours voté nulle part.