Une nouvelle usine d'eau potable entre en service pour 26 communes de la métropole rennaise

La retenue d'eau du lac de Rophémel, à Guenroc dans les Côtes-d'Armor
Photo : GO69, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

L’eau du robinet d’une partie de la métropole rennaise change d’usine. La nouvelle unité de potabilisation de Rophémel, à Plouasne dans les Côtes-d’Armor, a été inaugurée jeudi 15 octobre par la collectivité Eau du bassin rennais. Elle remplace un bâtiment sorti de terre en 1964, modernisé en 2005, mais souvent débordé quand les algues, les pesticides et les produits chimiques affluaient dans la Rance.

Vern-sur-Seiche fait partie de Rennes Métropole, l’intercommunalité qui porte ce service public de l’eau. L’usine de Rophémel compte parmi les quinze que gère la collectivité, et elle alimente à elle seule 26 communes de la métropole.

Trente mille mètres cubes par jour

En contrebas de l’usine coule la Rance, retenue par le barrage de Rophémel, achevé en 1937 et restauré en 2025. L’ouvrage permet de prélever de 7 à 9 millions de mètres cubes d’eau brute par an. Après traitement, l’usine peut produire 30 000 mètres cubes d’eau potable par jour, un volume identique à celui de l’ancienne, mais avec une amplitude plus large : elle passe de 450 à 1 500 mètres cubes par heure quand la demande grimpe.

Le procédé enchaîne plusieurs étapes. Le charbon actif, introduit deux fois, piège les bactéries et les micropolluants. Le microsable alourdit les particules en suspension, ensuite raclées au fond des bassins et évacuées en boues. L’eau est filtrée puis désinfectée aux ultraviolets.

Moins de chlore en bout de chaîne

Cette dernière étape laisse peu de matières organiques dans l’eau, ce qui permet d’utiliser moins de chlore et d’améliorer le goût. « Le contraste avec les années 1960, c’est qu’on doit faire face aujourd’hui à plus d’algues, de pesticides et de produits chimiques dans l’eau qu’on prélève », explique Ludovic Brossard, président d’Eau du bassin rennais.

La journée d’inauguration a été marquée par deux absences : Nathalie Appéré, maire de Rennes et présidente de Rennes Métropole, et la préfète de région Emmanuelle Dubée sont restées en réunion de crise sur la sécheresse.

La crise sécheresse reste en vigueur

Les faibles niveaux des cours d’eau et des nappes ont conduit la préfecture à reconduire l’état de crise sécheresse le 7 octobre en Ille-et-Vilaine. Les restrictions en place depuis le 15 août sont maintenues. « Il nous faut anticiper, commente Ludovic Brossard. Nos infrastructures permettent une solidarité dans les deux sens avec les départements voisins. Mais nous devons nous préparer à moins d’eau disponible. Les industriels ont déjà baissé leur consommation de 25 %. »

Les gestes demandés aux particuliers restent les mêmes : douches plus courtes, robinet fermé quand il ne sert pas, lave-linge et lave-vaisselle lancés à pleine charge, fuites signalées et réparées.