Onze mille cinq cents manifestants à Rennes
La pluie n’a rien découragé. Samedi 24 octobre, 11 500 personnes ont défilé dans les rues de Rennes selon la préfecture d’Ille-et-Vilaine, 20 000 selon les organisateurs. Le rendez-vous était fixé à 14 heures place de Bretagne, alors que toute manifestation était interdite dans le centre-ville.
Le cortège a suivi un parcours inhabituel par le Mail et la Courrouze, en direction de la gare. Jusque-là, la journée est restée calme. Les premières tensions sont apparues vers 16 h 15, quand plusieurs milliers de personnes ont poursuivi leur route vers le centre-ville au lieu de se disperser.
Des pavés et des bouteilles place de la République
À hauteur de la place de la République, les forces de l’ordre barraient l’accès à l’hypercentre. Plusieurs centaines de manifestants ont lancé des bouteilles et des pavés sur les policiers, notamment rue du Pré-Botté. La police a répondu au canon à eau et au gaz lacrymogène. Le mobilier d’une agence immobilière a été vandalisé, puis jeté sur les fonctionnaires présents.
Le groupe a reculé vers le boulevard de la Liberté, puis la rue de l’Alma, avant de se disperser dans le secteur sud gare. Sur son passage, des poubelles ont brûlé, des grilles de chantier ont servi de barricades et des mortiers d’artifice ont été tirés.
Cinquante-deux interpellations et cinq départs de feu
Au total, 52 personnes ont été interpellées et les sapeurs-pompiers sont intervenus pour éteindre cinq feux. « Ces nouveaux actes de violence inadmissibles qui mettent la population et les forces de sécurité en danger », a déclaré la préfète Emmanuelle Dubée.
La comparaison avec le samedi précédent reste nette. Le 17 octobre, la mobilisation avait laissé une soixantaine de commerces vandalisés ou pillés et 53 interpellations. Cette fois, le dispositif avait été renforcé par trois unités mobiles et deux véhicules blindés de la gendarmerie, en plus des effectifs locaux.
L’interdiction des rassemblements a été prolongée dans plusieurs rues du centre-ville de 20 heures à 5 heures, selon actu.fr. Deux nouvelles dates sont déjà annoncées par les organisateurs, le 31 octobre et le 5 novembre.
À dix kilomètres au sud, Vern n’a pas été concernée
La commune est restée à l’écart des affrontements, concentrés entre la gare et la place de la République. Les habitants qui montent à Rennes le week-end doivent en revanche composer avec une présence policière dense autour de la gare et de la place Charles-de-Gaulle, où les opérations de dispersion se sont poursuivies jusqu’en début de soirée. La prochaine mobilisation annoncée, le 31 octobre, tombe un samedi.