L'habitat à Vern-sur-Seiche : du bourg de pierre aux lotissements

Vue du bourg de Vern-sur-Seiche, autour de l'église Saint-Martin
Photo : chisloup, CC BY 3.0 (Wikimedia Commons)

On vient à Vern-sur-Seiche pour la plage des Paturiaux ou pour le bois de Sœuvres, et l’on passe devant ses maisons sans les regarder. Le bâti de la commune raconte pourtant trois époques bien distinctes. Un bourg reconstruit à la fin du XVIIIe siècle, des fermes dispersées dans la campagne, et des logements neufs qui ont valu à la ville un prix d’architecture en 2008.

Un bourg homogène plus qu’exceptionnel

Le centre ancien s’est construit à la fin du XVIIIe siècle le long de la rue de l’Église, de la rue Nationale et de la rue du Boël. Les maisons se ressemblent : même hauteur, même alignement sur la rue, matériaux comparables. Le patrimoine du bourg tient moins à la qualité de chaque maison qu’à cette homogénéité. Une rue entière vaut mieux ici qu’un édifice remarquable, et c’est assez rare pour être noté. La plus ancienne, la maison dite Du Pavillon, remonte au XVIIe siècle. Elle présente encore les caractéristiques de l’habitat urbain ancien, et se repère à ses ouvertures étroites.

À la campagne, la terre avant la pierre

L’habitat rural, lui, ne suit aucun plan d’ensemble. Plusieurs périodes de construction s’y superposent, avec des techniques et des matériaux qui changent d’une maison à l’autre. Les plus anciennes, comme Le Hil ou La Haute Folie, datent du XVIIe siècle. Elles sont montées en petits moellons de schiste, un matériau de piètre qualité, mélangés à un mortier de terre. Vern se situe précisément dans la zone de transition entre la maison de terre et la maison de pierre que l’on trouve au sud du bassin rennais. Le visiteur qui traverse la campagne vernoise d’ouest en est passe donc, sans y prendre garde, d’un mode de construction à l’autre.

Ce que la métropole décide désormais

Depuis le 19 décembre 2019, Vern n’écrit plus seule les règles de son urbanisme. Ce jour-là, le conseil de Rennes Métropole a approuvé le plan local d’urbanisme intercommunal, qui découpe l’espace des 43 communes de la métropole en zones urbaines, agricoles et naturelles. Le document fixe où l’on peut construire et à quelle densité. La commune arrive à ce rendez-vous avec un parc de logements déjà bien occupé : 3 395 habitations en 2017, dont 95,9 % de résidences principales et 0,8 % de résidences secondaires, et 72,6 % de ménages propriétaires. Vern est une commune où l’on habite, plus qu’une commune où l’on possède une maison de week-end. Les 8 207 habitants comptés en 2023, en hausse de 3,74 % depuis 2017, confirment la tendance.

Le prix de 2008 et le quartier Haute-Abbaye

La génération suivante s’écrit aujourd’hui, et elle a été reconnue. En 2008, la commune a reçu le Prix Architecture Bretagne pour des logements groupés habillés d’un bardage bois, dessinés par les architectes Maryvonne Rigourd et Isabelle Hiault. Le quartier Haute-Abbaye, né dans ce mouvement, montre cette autre manière d’occuper le sol, plus dense et plus sobre que le lotissement classique. On est loin des moellons de schiste et du mortier de terre, mais l’enjeu reste le même qu’au XVIIIe siècle : faire tenir ensemble, sur un même territoire, des maisons différentes.

Trois époques, une heure de marche

Le circuit se fait à pied, et il est court. Partez de la place de l’église : le bourg du XVIIIe siècle se lit d’un seul regard, avec ses façades alignées et ses toits d’ardoise. Prenez ensuite la rue de l’Église puis la rue du Boël, pour repérer la maison Du Pavillon, la plus ancienne du centre. Pour les fermes, il faut sortir du bourg : Le Hil et La Haute Folie se trouvent à quelques kilomètres, dans la campagne. Terminez par le quartier Haute-Abbaye, du côté des constructions récentes. En deux heures, on comprend comment une commune de 8 200 habitants a empilé trois siècles de bâti sans raser ce qui précédait. C’est aussi ce qui fait la difficulté du sujet pour les élus : chaque nouvelle opération doit trouver sa place dans cet empilement.

Le conseil du guide : faites le tour à pied en fin d’après-midi, quand le soleil rase les façades du bourg et fait ressortir les différences de matériaux entre le schiste sombre des vieilles fermes et le bardage clair des maisons récentes. Pour replacer ces maisons dans leur contexte, l’histoire de la commune raconte les siècles qui ont précédé.

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